Les amplis à transistors ne comptent pas pour des prunes

Amplis transistors

A la base, on a tous plus ou moins le même avis : rien ne vaut un bon ampli à lampes pour faire du rock. La chaleur et la présence des lampes sont sans aucune comparaison avec la froideur des transistors. Tout le monde s’accorde d’ailleurs à dire que le Vox AC30, le Fender Twin Reverb ou le Marshall JMC800 ont façonné le son des plus grands groupes de l’histoire du rock. Et il serait ainsi bien difficile, pour la plupart des guitaristes, de nommer un seul ampli à transistors qui ait réussi à marquer autant les esprits.

Pourtant, il se pourrait bien que cet avis tranché soit surtout dû au fait que très peu de transistors haut de gamme sont produits aujourd’hui, et que nous n’ayons, pour la plupart d’entre nous, joué que sur des amplis à transistors bon marché à une période où nous faisions nos premiers pas en tant que guitariste. La conception d’un bon ampli ne se résume pas aux lampes. De nombreux autres paramètres entrent en jeu dans la conception d’un bon amplificateur : la qualité et la taille des haut-parleurs, le bois du coffre ainsi que toutes les autres pièces qui constituent un ampli.

De plus les transistors présentent des avantages intéressants : ils sont plus légers, le son clean peut être supérieur à celui d’un ampli à lampes puisqu’il se tordra moins facilement, pas de lampes à changer et surtout beaucoup moins de sueurs froides lors du déplacement de ces engins. Comme vous le savez sans doute, les lampes sont fragiles lorsqu’elles sont encore chaudes et il y a donc un certain nombre de précautions à prendre lorsqu’on utilise un ampli à lampes. Autre avantage, contrairement aux lampes, les amplis à transistors n’ont pas besoin d’être poussés à fond pour bien sonner.

Je vous propose une petite sélection d’amplis à transistors dits “haut de gamme” capables de tenir la dragée haute à d’excellents amplis à lampes. On reste dans l’analogique et on ne s’intéressera pas aux amplis à modélisations numériques qui dénaturent la plupart du temps le son d’une manière peu naturelle.

Orange Crush Pro CR120C / CR120H
La série Crush Pro d’Orange a été produite à partir d’un cahier des charges très strict répondant à des critères de qualité semblable à ceux des amplis à lampes hauts de gamme de la marque. Le ingénieurs d’Orange avaient comme objectif de produire des amplis à transistors s’approchant le plus possible des amplis à lampes de la série Rockerverb. Le CR120 en reprend ainsi le look et le panneau de contrôle, et dispose de deux HP qui sont les même que ceux qui équipent le baffle signature Jim Root. Ce combo possède un canal clair de très bonne qualité et un canal saturé qui délivre une large palette de distorsions allant du léger crunch à des saturations typées Hard Rock. Le canal clair a une égalisation 2 bandes : bass et trebble tandis que le canal saturé à une eq 3 bandes : bass, trebble, medium. Orange s’est concentré sur l’essentiel et n’a équipé ses amplis d’aucun effet si ce n’est une réverb numérique (plate, hall, spring). Les amplis de la gamme Crush Pro disposent également d’une boucle d’effets et sont disponibles en combo 60w, 120w et en version tête 120W. Le CR120C est considéré par beaucoup comme le meilleur ampli transistors du marché. Les Crush Pro prennent particulièrement bien les pédales d’effet.

Tech 21 Trademark 60
Cet ampli est une référence dans le monde des transistors depuis une bonne vingtaine d’années. Fort de son succès acquis avec son émulateur d’amplis Sansamp, Tech 21 a produit un ampli à transistors de haute facture reprenant les particularités de son sansamp. Il utilise un circuit totalement analogique et produit une puissance de 60 watts dans un haut-parleur de 12 pouces. Sur le canal 1, on obtient des sons clairs typés Fender, tandis que le canal 2 permettra d’obtenir des sons rappelant ceux des Marshall ou des Vox, allant du léger crunch à des sons hypersaturés. Le Tech 21 Trademark 60 est un ampli qui n’est pas facile à apprivoiser mais une fois qu’on a trouvé son réglage, il devient un ampli incroyable. Vous pourrez également utiliser toutes vos pédales d’effet sans crainte, cet ampli les sublimeront à coup sûr.

Roland Blues Cube Artist
Avec le Roland Blues Cube Artist, on fait une entorse à la règle, puisqu’il utilise bel et bien un circuit numérique. Non pas pour simuler des effets ou modéliser des amplis mais pour reproduire à l’identique le comportement complexe d’un ampli à lampes. Sur ce point le Blues Cube est bluffant de réalisme. Roland a clairement franchi un cap dans l’amplification à transistors avec cet ampli. Jamais les transistors n’ont semblé si proches des lampes. Là où le blues cube est également remarquable, c’est qu’il est capable de produire des sons de tonalité identique quelque soit le volume, grâce à son sélecteur de puissance : 0,5w, 15w, 45w, 80w. Et pour couronner le tout, cet ampli est équipé de tout ce qu’on pourrait attendre d’un ampli : sorties ligne, USB, boucle d’effets, tremolo, reverb et deux canaux clean et crunch qu’il est même possible d’activer en même temps pour produire des sonorité inédites. Et si on ajoute à cela qu’elle accueille avec brio toutes les pédales d’effets, on peut dire que l’on n’est pas très loin de l’ampli idéal pour certains guitaristes.

Roland Jazz Chorus JC-120
Le Roland Jazz Chorus JC-120 est le plus célèbre des amplis à transistors. Sa réputation n’est plus à faire. Cet ampli, sorti en 1975, dispose de deux HP de 12 pouces délivrant une puissance de 2x60W. Il est considéré comme étant l’ampli disposant du meilleur son clean au monde, loin devant tous les autres, amplis à lampes compris. Avec cet ampli, il est préférable d’oublier les overdrives et autres distorsions. La distorsion intégrée et de mauvaise qualité et cette ampli n’est pas réputé pour apprécier les pédales de saturation. Mais quel clean !

Pour terminer, on peut citer quelques amplis à transistors, qui ne sont plus produits mais qui ont été utilisés par les plus grands artistes :

Lab Series L5 (BB King), Gallien-Krueger GMT 226A (Carlos Santana à Woodstock), Pignose 7-100 (Franck Zappa), Roland Cube 30X (Seasick Steve), Triumph Silicon 100 (Keith Richards sur les albums “Beggar’s banquet” et “Let it bleed”), Vox Super Beatle (Lou Reed sur Transformer), Sunn Beta Lead (Josh Homme des Queens of The Stone Age) et Fender delux 85 (Johnny Greenwood de Radiohead sur Pablo Honey et The Bends).