Death By Audio : la brève histoire d’un mythe moderne du rock

Death By Audio

Quand on évoque les clubs mythiques qui ont participé activement à la naissance de courants musicaux importants, on cite immédiatement ces lieux du passé qu’ont été le CBGB à New York, l’Hacienda à Manchester, le Whiskey a Go Go à Los Angeles ou encore le Marquee Club à Londres. Mais l’histoire plus récente, a vu l’émergence d’un phénomène comparable avec la création d’un lieu atypique devenu une institution à Brooklyn : « Death By Audio ».

Créé en 2002, par Oliver Ackermann (A Place To Bury Strangers), « Death By Audio » est, à l’origine, une petite société qui fabrique des pédales d’effet assemblées à la main. Rapidement, son travail suscite l’intérêt d’un certain nombre de musiciens, en grande partie grâce à ses modèles de Fuzz basés sur des circuits orignaux. La liste de ses clients compte quelques noms prestigieux comme Trent Reznor de Nine Inch Nails, Jeff Tweedy de Wilco, Kevin Shields de My Bloody Valentine et même The Edge de U2. En 2007, Oliver Ackermann s’associe avec Matt Conboy et Travis Johnson. Ensemble, ils décident de louer le rez-de-chaussée d’un entrepôt de Williamsburg, un quartier de Brooklyn. Pour financer leur projet d’y aménager différentes pièces et de construire un studio photo, les 3 colocataires décident d’y organiser des concerts. Le succès de leurs soirées dépasse leur espérance et le lieu évolue progressivement vers un concept inédit accueillant à la fois leur atelier de production de pédales, un studio d’enregistrement, des expositions d’oeuvres artistiques et une salle de concert, le tout participant à la naissance d’un mouvement véhiculant un esprit résolument « Do It Yourself ».

Death By Audio Club à Brooklyn

Au fil des années, la scène de Death By Audio devient le lieu incontournable de l’underground rock à Brooklyn et accueillera par la suite des références de la musique indépendante telles que Ty Segall, Thurston Moore ou encore Thee Oh Sees. La majorité des groupes qui y sont programmés sont à l’image de l’esprit des pédales fabriquées par Oliver Ackermann : bruyants, expérimentaux, indépendants et résolument rock. A une époque où Brooklyn constitue le centre névralgique de la musique indépendante, Death By Audio en est alors devenu un symbole iconique.

Mais en 2014, l’aventure tourne court lorsque le groupe de médias Vice décide d’investir les lieux pour y installer son siège social. Le bail de location de Death By Audio touche à sa fin, et la lutte face au puissant groupe canadien est une bataille perdue d’avance. L’excellent film « Goodnight Brooklyn », réalisé par Matt Conboy en 2016, retrace l’histoire de cette aventure singulière qui dura 7 ans et suit tout particulièrement les dernières semaines de l’existence de ce lieu devenu mythique.

Death By Audio est toujours une société de fabrication de pédales d’effet pour guitare mais a cessé toutes ses autres activités. Elle emploie aujourd’hui 8 personnes et est une référence reconnue dans le milieu. Elle se démarque par un son extrêmement unique et sauvage, souvent obtenu en enfreignant les règles de conception habituelle des pédales d’effet. « Certaines de mes pédales détruiront votre équipement si vous ne les utilisez pas correctement », prévient Oliver Ackermann. Ses modèles aux noms évocateurs : « Fuzz War », « Supersonic Fuzz Gun », « Waveformer Destroyer », « Absolute Destruction » ou « Total Sonic Annihilation » se retrouvent à présent sur les pedalboards des groupes rock actuels les plus en vogue comme Idles, Ty Segall, Yak, The Claypool Lennon Delirium, Arctic Monkeys ou Fidlar.

Site officiel de Death By Audio : https://deathbyaudio.com/
Documentaire « Goodnight Brooklyn » sur Red Bull TV : https://www.redbull.com/int-en/tv/film/AP-1PG9K9P351W11/goodnight-brooklyn

Death By Audio pédales d'effet