Soundbreaking : la grande histoire de la musique enregistrée

Soundbreaking

Au cours du mois de février, Arte a diffusé une très bonne série documentaire de 6 épisodes consacrée à l’histoire de l’enregistrement de la musique et de l’usage des innovations technologiques par les artistes. Soundbreaking nous montre comment la technologie a transformé l’enregistrement, modifié les méthodes de fabrication de l’industrie musicale et contribué à la création artistique. Du 78 tours au mp3, de l’électrification de la guitare aux samples, le documentaire revient sur un siècle d’innovations technologiques à travers les témoignages de nombreux intervenants tels que Annie Lennox, Brian Eno, Quincy Jones, Nigel Godrich, Rick Rubin, BB King, Jeff Beck, Roger Waters, Catherine Ringer ou Pierre Henry…

Si vous n’avez pas eu l’occasion d’être devant votre poste de télévision lors des diffusions sur Arte, nous vous proposons de visionner à la fin de cet article l’intégralité de la série qui sera disponible jusque mi-avril en français et en haute définition.

Résumé des épisodes de la série Soundbreaking

1. La fée électricité
L’arrivée de l’électricité dans le monde de la musique populaire a rendu possible l’amplification des instruments acoustiques. La guitare électrique, dont s’empare une foule d’artistes, du pionnier Charlie Christian au dieu Jimi Hendrix, en passant par Muddy Waters, The Rolling Stones ou Cream, fait dès lors entendre des sons inédits. Cette révolution technologique donne également naissance à un nouvel instrument, le synthétiseur, et, avec lui, à des univers sonores inexplorés. Il s’impose dans l’électro (Kraftwerk, Jarre), la pop, le rock, le funk (The Who, Stevie Wonder), le disco et la French Touch. Dans cet épisode, BB King, Jeff Beck, Roger Waters, Brian Eno ou encore Giorgio Moroder racontent comment la musique en a été bouleversée.

2. La magie du studio
En permettant l’enregistrement et le réenregistrement de plusieurs sources sonores, l’invention du multipiste va aussi révolutionner la musique. De lieu dédié à la captation de la performance des musiciens, le studio se transforme en laboratoire où toutes les manipulations sont possibles. Avec des figures majeures (Les Paul, brillant inventeur du magnétophone multipiste, Pierre Schaeffer, les Beatles, Brian Wilson, Pink Floyd…) mais également leurs héritiers (les tenants du home studio comme les Rita Mitsouko ou de l’informatique musicale comme Bon Iver), le multipiste fait entrer la musique populaire dans la modernité.

3. Profession producteur
Personnage mystérieux, car rarement sous les projecteurs, le producteur de disques est souvent perçu comme un homme d’affaires sans scrupules, dévoré par l’obsession du disque d’or. Loin des clichés, cet épisode dresse le portrait d’une profession qui constitue un maillon essentiel de la création musicale. Charles Delaunay, Phil Spector, Berry Gordy ou encore Sam Phillips doivent ainsi être considérés comme des artistes, au même titre que les stars dont ils sont indissociables (Django Reinhardt, les Beatles, Diana Ross, Elvis Presley…). Toutefois, certains musiciens comme Cat Stevens, Joni Mitchell ou Sly Stone choisissent de se passer de ses services, ce qui, en creux, dit également quelque chose du personnage du producteur. Avec, notamment, les témoignages de Tony Visconti, Don Was et Nigel Godrich, les producteurs respectifs de Bowie, des Rolling Stones et de Radiohead.

4. Trouver sa voix
Du rudimentaire cornet acoustique, dont Caruso fut la star, au logiciel Auto-Tune, qui connut son premier tube avec le “Believe” de Cher, de l’art du crooning de Crosby ou Sinatra à la subtilité du murmure chez Gainsbourg, de la recherche d’authenticité des grandes voix de la soul à la quête d’artificialité de Kraftwerk, cet épisode retrace cent ans de bouleversements techniques et esthétiques qui ont transformé l’enregistrement de la voix. Au fil du temps, pourtant, chanteurs, producteurs et ingénieurs du son ont poursuivi un seul et même objectif : capter, pour la faire entendre, l’émotion délivrée par la voix. Avec les confidences de Smokey Robinson, Catherine Ringer, Christina Aguilera, Suzanne Vega ou encore des producteurs d’Adele et Kurt Cobain.

5. Du 78-tours au fichier MP3
Au-delà de l’influence artistique qu’ils exercent sur la musique, disques, cassettes, CD ou MP3 sont le reflet de leur époque et constituent une manifestation concrète des conflits de générations. La guerre qui opposa le 33 au 45-tours, l’invention du concept album par Sinatra, la révolution menée par Dylan avec son single “Like a rolling stone”, la cassette audio et son usage par les fans de Grateful Dead, l’avènement du vidéoclip, du MP3, l’exploitation du potentiel d’Internet par Stromae ou Beyoncé… : autant de chapitres relatés ici à travers les témoignages d’Elton John, Annie Lennox, Jean-Michel Jarre, Catherine Ringer, Mark Knopfler, Questlove ou Jerry Leiber et Mike Stoller.

6. Générations sample
La technique du sampling, qui consiste à prélever un échantillon d’une composition musicale pour l’insérer dans une nouvelle, souvent en boucle, représente certainement le plus grand bouleversement qu’ait connu la musique ces quarante dernières années. Présent dans le dub jamaïcain, le funk et le disco, le sampling est d’abord l’œuvre des musiciens de hip-hop. Acteurs majeurs de cette révolution, Afrika Bambaataa, Darryl McDaniels, de Run-D.M.C., Chuck D, de Public Enemy, Adam Horovitz, des Beastie Boys, RZA, du Wu-Tang Clan, ou encore Akhenaton défendent ici cette pratique, presque impossible aujourd’hui, l’industrie musicale la considérant comme du vol. Pourtant, au-delà du hip-hop, d’autres artistes la plébiscitent, comme Jean-Michel Jarre ou Moby, qui témoignent également.

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